Séries restaurées de films de guerre
Les images saisies par l'Unité de film et de photographie de l'Armée canadienne (UFPAC) sont parmi les documents audiovisuels les plus demandés à Bibliothèque et Archives Canada (BAC). L'UFPAC a été fondée en 1941 par le ministère de la Défense nationale pour créer un registre public de l'armée du Canada. La Division de la conservation et de la préservation de BAC travaille actuellement surtout avec les copies standard noir et blanc 16 mm de cette série iconique pour restaurer ce tournant de l'histoire pour les Canadiens. Les films sont reconstitués à partir de sources privées après que l'incendie de l'Office national du film à Beaconsfield (Québec) a détruit les négatifs originaux 35 mm sur nitrate. La série complète en 106 parties est comptabilisée, avec du matériel de chaque épisode de qualité variable allant de copies très détériorées à quelques éléments parfaits. BAC travaille à la conversion de tout le matériel sur film 35 mm de polyester et, si nécessaire, de nouveaux éléments sonores sont également produits.
Préservation d'œuvres cinématographiques rares sur 28 mm
Longtemps avant les débats sur la variété de formats vidéo quant à la méthode préférée pour saisir et préserver les images, les cinéastes et les distributeurs ont discuté des répercussions de l'établissement d'un format et d'une composition de film celluloïd standards. Le film nitrate 35 mm, potentiellement dangereux, a dominé les premières années de la production cinématographique. Au cours de ces années, le film de sécurité 28 mm a été considéré pendant une courte période de temps comme présentant de grands avantages : ce film ininflammable était beaucoup plus abordable et conçu pour les projections non commerciales qui, autrement, auraient été vulnérables aux dangereux incendies causés par le nitrate. Cela signifiait que les églises, les écoles et les centres communautaires pouvaient projeter des films dans les milieux urbains et ruraux d'un bout à l'autre du pays.
L'Ontario Motion Picture Bureau et l'Université de l'Alberta ont été deux des plus grands utilisateurs de 28 mm au monde ; ils ont créé et diffusé des milliers de films 28 mm de 1917 jusqu'au début des années 1930. Les titres comme Saskatchewan's War on Grasshoppers, Making the Most of Manure et Where Does False Hair Come From? comptent parmi les films les plus instructifs et pédagogiques qu'on a présenté à des milliers de Canadiennes et de Canadiens.
De nos jours, ces mêmes titres sont préservés, en les transférant sur des films 35 mm à support en polyester, par la Division des sons et images de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Les quelques 2 500 bobines de films 28 mm actuellement détenus par BAC représentent une des plus grandes collections de ce format de pellicules au monde. Ces films 28 mm constituent le plus imposant registre de films canadiens produits avec une aide financière gouvernementale avant la création de l'Office national du film en 1939.
Traitement de restauration d'une lithographie
La lithographie intitulée Canada Marine Works d'Augustin Cantin, Montréal, C.E. (ca. 1865) (Numéro Mikan 3020493), une œuvre de la collection Peter Winkworth (http://www.collectionscanada.gc.ca/webarchives/20060119013850/http://www.lac-bac.gc.ca/art/050602_f.html ), a été restaurée au printemps de 2006 pour l'exposition de Bibliothèque et Archives Canada intitulée « La collection Peter Winkworth d'œuvres canadiennes : Quelques arpents de neige-Le Québec »
Au moment de son acquisition, l'œuvre était solidement collée sur un carton acide, de mauvaise qualité, responsable en bonne partie de sa décoloration et de la détérioration du papier. De nombreuses taches, marques d'abrasion et saletés défiguraient l'image. La feuille avait été froissée par endroits lors de l'impression ou du montage. Ses coins étaient écrasés et on pouvait y voir de nombreuses piqures et perforations.
Après avoir pris en considération plusieurs options de traitement, les étapes suivantes ont été entreprises pour stabiliser la condition de l'œuvre et améliorer son apparence pour l'exposition.
La première étape a été d'enlever, à la main, le plus de saleté possible en surface. Le recto de la lithographie a donc été nettoyé à sec à l'aide d'une gomme en poudre; les résidus ont été enlevés délicatement de la surface avec le moins de pression possible afin que la saleté ne s'incruste pas dans les fibres du papier.
Puis le dos de carton a été retiré. Cette tâche, très ardue, a duré plusieurs jours car il a fallu enlever le carton petit à petit en le grattant délicatement.
Même après avoir immergé la feuille dans plusieurs bains d'eau alcaline, un blanchiment par la lumière s'est révélé nécessaire pour atténuer davantage les taches et la décoloration.
Une fois restaurée, la lithographie a été doublée d'un fin papier japonais. Elle a ensuite été séchée et mise à plat sur un Karikari un séchoir à trame japonais.
Ensuite les parties effacées par abrasion, les petites zones de perforations réparées et les surfaces aplanies ont été retouchées à l'aquarelle.