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Bannière : Premier parmi ses pairs : Le premier ministre dans la vie et la politique au Canada
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Discours prononcé à Dundee, en Écosse, le 13 juillet 1875


M. MACKENZIE, accueilli par des applaudissement forts et soutenus, a déclaré,

 -  Votre seigneur Provost, vos seigneuries, messieurs, je suis très honoré de la bonté que vous avez démontrée plus tôt au cours de la journée et du divertissement organisé ainsi que de la bienveillance dont vous avez fait preuve à mon égard, vous et d'autres messieurs, concernant ma visite dans ce pays. J'en éprouve non seulement de la gratitude en ce moment mais je garderai de cette faste journée un souvenir inoubliable jusqu'à mon dernier jour. J'espère seulement que puisse se réaliser ce que certains ont avancé spontanément, que les liens commerciaux entre le Canada et ce pays se concrétisent, non comme résultat direct de ma visite, mais en fonction de l'information que je pourrais en rapporter. Une rencontre comme celle-ci pourrait susciter bien des propos mais je ne pense pas qu'il soit opportun de se lancer dans une discussion générale sur la situation du Canada pour le moment. Le distingué Colonel assis à ma droite a soulevé la question militaire dans le contexte de ce pays et dans le contexte du Canada et de la relation entretenue par le Canada avec le reste de l'Empire. Il semble inutile de préciser qu'au Canada nous estimons faire partie de l'Empire au même titre que tout autre territoire de la Grande-Bretagne ou de l'Irlande. Au Canada, nous avons en réalité cessé de soulever toute autre considération possible autre que celle d'un rapport politique intime et continu tel que celui qui existe présentement. Nous croyons que la continuité de ce rapport convient tout à fait à la grandeur de l'Angleterre et au bien-être du Canada. Nous croyons, comme je l'ai déclaré plus tôt dans l'autre salle, qu'il y place en Amérique du Nord pour deux systèmes politiques. Il y a longtemps que nous avons pris position à ce sujet et cette relation durera, sans aucun doute. Je suis persuadé que ce même sentiment réciproque sera non seulement entretenu mais encouragé par tous, de ce côté de l'Atlantique. Nous avons eu nos petits différents. Le distingué Colonel, lorsqu'il évoquait la condition des recrues volontaires en Angleterre a fait allusion à la nécessité que le Canada maintienne une force militaire active. Nous avons cette force militaire constituée d'environ 45 000 hommes  -  une force qui pourrait être prête à intervenir dans un court délai. Je ne m'attarderai sur cette question que pour mentionner un seul fait qui se rapporte à la seconde invasion des Fenians en 1870. À cette occasion, le commandant en chef de notre milice, le Colonel Ross-Robertson, a réussi à regrouper près de 20 000 hommes le long des frontières en 24 heures; non seulement 20 000 hommes, mais 20 000 hommes assez bien préparés, équipés et en tenue militaire, de toutes les armes, la cavalerie, l�infanterie muni d'artillerie et de fusils. (Applaudissements) C'est à l'organisation efficace de notre système militaire que nous avons dû le salut de notre pays, ce jour-là. Après cet épisode qui a duré une nuit  -  car je dois avouer que j'étais là en compagnie de mes collègues  -  nous avons pu nous sentir à l'abri de tracasseries ultérieures venant des bandes de Fenians rassemblés aux États-Unis et nous avons du même coup découragé tout espoir de la part des politiciens des États-Unis d'influencer ou de diviser quoi que ce soit, comme le pays, en aucune manière, à moins qu'il ne s'agisse du bon vouloir de l'Angleterre de se séparer de nous. (Applaudissements) Nous croyons, chez nous, avoir les moyens de bâtir une grande et puissante nation et, bien que tout nouveau pays soit enclin à se vanter et à faire preuve d'une fierté exagérée, nous sommes convaincus que nous avons un territoire à occuper qui justifie de grands espoirs. Nous avons la volonté d'occuper ce territoire entièrement, bien qu'il soit assez difficile pour une petite poignée de gens si on le compare à vous  -  en effet notre population équivaut au huitième de la vôtre  -  tout en occupant un aussi vaste territoire que le nôtre. Qu'importe, nous croyons que par l'accroissement naturel de la population et par la diligence de nos agents d'immigration en Europe, nous pouvons en quelques années peupler cette étendue si inhospitalière pour le moment. (Applaudissements) J'oserais mentionner, pour illustrer les difficultés qui se dressent pour faire respecter la loi et l'ordre dans un territoire aussi vaste, que nous avons, entre les montagnes Rocheuses et le lac des Bois, 1 000 milles de territoire de l'est à l'ouest, et 500 milles du nord au sud, qui conviennent à la colonisation, presque entièrement inoccupés à l'exception de quelques 20 000 à 30 000 personnes dans la province du Manitoba. On y trouve aussi quelques 50 000 Autochtones. Ce pays était envahi par des trafiquants venus des États-Unis qui vendaient des boissons alcoolisées aux peuples autochtones et nuisaient énormément à nos relations avec eux en créant des frictions aux frontières et la débauche et la guerre parmi les tribus autochtones. Le gouvernement à décidé d'envoyer un détachement de cavalerie de la Gendarmerie royale, afin d'imposer la loi et l'ordre. Nous avons organisé cette force et l'avons envoyé sur place. Vous pouvez imaginer le genre de pays dont il s'agit si je vous dis qu'il a fallu six semaines pour traverser ce pays en longeant la frontière avant d'atteindre la base des montagnes Rocheuses. Cette délégation a cependant accompli sa mission, l'ordre à été rétabli et un résident de Fort Benton, situé dans la partie nord du Missouri (aux États-Unis) m'a dit que les habitants frontaliers n'avaient jamais connu l'ordre avant que les troupes canadiennes ne viennent l'instaurer. (Applaudissements) Nous espérons pouvoir pénétrer cet immense territoire, dans un laps de temps relativement court, par voie d'un chemin de fer présentement en construction. C'est l�une des dernières choses que j'ai réglées avant de partir, en tant que ministre des travaux publics, de signer un contrat pour la construction de quelques deux cents ou trois cents milles de route, et des milliers d'hommes travaillent maintenant à la construction de cette route dans les contrées sauvages situées au nord et à l'ouest du lac Supérieur, à tracer une voie que suivront bientôt des milliers d'autres  -  certains pour s'établir, certains pour travailler au chemin de fer, mais tous unis dans un même effort, celui d'étendre le dominion du Canada et celui de la Grande-Bretagne dans ces régions éloignées que Butler a surnommé «les grands territoires solitaires». Par ces efforts du gouvernement canadien, nous espérons attirer au pays en peu de temps une population suffisante pour développer certaines des principales ressources existantes. (Applaudissements) Nous croyons ces ressources immenses et si la fortune nous sourit, nous aurons dans ces nouveaux territoires, une population florissante et industrieuse qui se chargera de les occuper pour l'intérêt commun du Canada et de la Grande-Bretagne. Vous n'avez pas hésité à mentionner mes opinions politiques sur un certain sujet et, bien que je sois en accord avec vous, il ne convient sans doute pas de parler de politiques locales dans ce genre d'assemblée et je ne peux m'empêcher de penser que dans les sphères les plus élevées de la vie politique, il est permis de s'en référer à des principes politiques. Je conçois que la véritable signification de l'expression libre-échange est de dépouiller en autant que cela soit possible tels échanges de toutes les restrictions que l'on pourrait exercer. Je suis personnellement d'avis que les principes de Richard Gobden, et les principes du libre-échange de par le monde, sont en quelque sorte les vrais principes de la civilisation et je crois que, lorsque l'on intervient pour limiter les échanges par des moyens artificiels, cette intervention fait reculer les principes supérieurs qui sous-tendent la civilisation. (Applaudissements) Voilà, je crois, l'opinion généralement partagée par le peuple canadien. Nous avons parmi nous, sans doute, comme vous avez aussi parmi vous, des personnes qui sont d'avis que le véritable principe du commerce est d'ériger un mur de pierre et de béton plus haut pour empêcher les gens de circuler; ces personnes diront : «Gardons pour nous notre commerce et conservons notre argent dans notre propre pays». Cela n'est pas possible. Nous pouvons seulement faire de l'argent en commerçant avec d'autres nations ou d'autres personnes et j'apprécie votre suggestion, Lord Provost, que la population de Dundee et celle du Canada devraient essayer d'échanger un peu plus à l'avenir que par le passé. (Applaudissements) Je vous assure que rien ne fera défaut en ce sens de la part du gouvernement du Canada aussi longtemps que j'aurai l'honneur d'en faire partie et, je ne crois pas que le gouvernement du Canada, quel que soit le parti au pouvoir, cherchera à nuire à l'expansion du véritable principe de libre-échange dans le monde. Nous pensons être en position, dans quelques années, de faire beaucoup de commerce à votre avantage. Nous croyons que nous serons en mesure, par notre accès à l'océan Pacifique, de transporter votre thé par notre chemin de fer et de transporter vos biens en Chine par une route beaucoup plus courte que la route actuelle. Si nous sommes en mesure de le faire, vous en retirerez des avantages en retour puisque lorsque le commerce est florissant il y a toujours quelqu'un pour en profiter largement. (Rires et applaudissements) Un de mes amis du Parlement discutait de cette question avec moi en privé. Il me disait : «Le pays s'en va à la ruine, l'équilibre du commerce joue contre nous. Comment pouvons-nous continuer ainsi pendant plusieurs années? Nos exportations se chiffraient à tant de millions et nos importations se chiffraient à beaucoup plus et nous voilà plus pauvres par suite de l�écart entre nos importations et nos exportations.» Je lui ai dit : «Nous ne pouvons être plus pauvres puisque la différence entre les exportations et les importations représente les profits que nous avons réalisés. Si vous envoyez un cargo de 10 000 barils de farine de blé en Espagne, qui coûterait cinquante milles dollars et vous le vendez pour quatre-vingt dix milles dollars, ces quatre-vingt dix milles dollars achètent d'autres produits que vous rapportez au Canada. L'équilibre de l'échange serait défavorable pour une valeur de quarante milles dollars, ce qui représente aussi le montant exact du profit sur la transaction. De cette manière, vous expliquez la différence entre l'importation et l'exportation. Mais pensez-vous vraiment être plus pauvre?» (Applaudissements) Voilà comment raisonnent les défenseurs des politiques de restriction. Nous pensons que plus il y a d'échanges, et plus l'équilibre de l'échange semble contre nous, plus nous pouvons réaliser d'importants profits. Ces profits sont investis sous forme de prêts à d'autres pays et à la promotion des entreprises qui avantagent généralement le pays. Tout le monde admire maintenant le génie de Richard Cobden [sic]  -  et celui de ses associés, les Conservateurs de même que les Libéraux  -  et tout le monde comprend qu'il ne serait pas possible de retourner à une époque révolue du commerce, quand tous les navires étaient alourdis par les droits de tonnage et qu'il fallait leur donner une allure disproportionnée à des fins d'exemption, de sorte que ces anciens navires protectionnistes ne pouvaient se déplacer dans un port sans un remorqueur de chaque côté pour qu�ils puissent se tenir droits. Maintenant, chacun peut construire comme cela il le désire et la rapidité du transport sur les océans que l'on connaît maintenant n'aurait pu être possible si les restrictions avaient continuer d'être de mise. Je suis certain que les gens du Canada sont en mesure d'apprécier ce principe, et la compréhension qui prévaut au pays est telle que je suis persuadé qu'il n'y a aucun risque de voir une politique réactionnaire trouver réponse dans le coeur d'un groupe considérable de nos citoyens. (Applaudissements) Je vous suis reconnaissant à vous et aux nobles gens de Dundee de m'avoir accordé une telle hospitalité, dans mon pays d'origine. (Applaudissements) Il est très vrai que je viens de Perthshire, très au Nord, et il est également vrai que je conserverai toujours une affection sincère pour l'Écosse et le Perthshire en particulier; même si dans nos grandes colonies, ainsi qu�en Angleterre, je n'en doute pas, ceux qui désirent briller en société ou en politique trouvent un terrain fertile lorsqu�ils s'appuient pour ce faire sur leur propre ingéniosité. Au Canada comme dans toutes les autres colonies, la route pour occuper un poste éminent n'est pas pavée, qu'il s'agisse de l'université ou du succès commercial ou politique. Tout s'acquière par le dur labeur et je regretterais de donner l'impression à certains parmi vous ici présents ou ailleurs que les difficultés à surmonter sont moindres là qu'ici, mais il est satisfaisant de savoir que dans les colonies et en Angleterre aussi, je l'espère, la concurrence est loyale et sans préjugé et que chaque esprit déterminé et indépendant se réjouira de l'existence de cette concurrence loyale, sans plus. L'époque des monopoles est révolue; l'époque de la loi d'exception, destinée à favoriser certaines classes au dépend des autres, est terminée; et j'ai la joie de constater la présence, ici ce soir, d'un exemple en la présence de deux représentants des plus puissants et des plus aristocratiques membres de la Chambre du Parlement jamais connue, la Chambre des pairs d'Angleterre. (Applaudissements nourris) J'ose croire que votre membre conviendra avec moi de dire que bien que la Chambre des communes représente, de par son caractère électoral, la puissance et l'influence du royaume dans un sens quelque peu différent de celles dont jouit la Chambre des pairs, la Chambres des pairs a conservé ce qui la caractérise, son aptitude, sa puissance et son éloquence à traiter les questions publiques. Quoi que l'on puisse dire des habitants du Canada et des autres colonies en ce qui concerne l'avantage démocratique sur ce qui est possible dans ce pays, nous ne sommes pas démocratiques au point de refuser d'écouter la voix de la raison. Nous ne sommes pas démocratiques au point d'ignorer les meilleures méthodes de gouvernement d'un pays, à la fois en tant que sujets britanniques intéressés au bien-être de son peuple et en tant que colons particulièrement intéressés au gouvernement de notre propre pays. Je pense que les colonies sont essentielles à la suprématie britannique dans le monde. Je n'affirme pas cela parce que nous désirons obtenir la moindre faveur financière de la Grande-Bretagne. Nous sommes aptes et prêts, comme Dieu le sait, à assumer notre part entière des responsabilités impériales lorsque cela s'avère nécessaire pour le bien commun. C�est ce que nous faisons présentement. Je pense que le pouvoir de la Rome ancienne s'est affaibli à partir du moment où Rome a abandonné ses extrémités et que le sang a reflué vers le centre et a produit un engorgement qui a fini par entraîner la paralysie. Si la Grande-Bretagne abandonne ses extrémités, si elle traite ses colonies avec mépris ou les traite de manière à les décourager de rester avec elle, je suis persuadé qu'alors disparaîtra une grande partie de la gloire de la Grande-Bretagne. (Applaudissements) Je suis aussi soucieux qu'il est possible de l'être en tant que sujet britannique que cette gloire demeure sans tâche, que son pouvoir ne soit pas écourté et que la suprématie anglaise perdure jusqu'à la fin des temps, parce qu'il signifie la liberté universelle, l'émancipation de tout ce qui est avilissant. Que ce pouvoir disparaisse et d'autres pouvoirs viendront se substituer pour prendre leur part de suprématie historique qui, il faut le reconnaître, nous appartient, et je ne crois pas que ce serait une bonne chose pour le monde en général et ce sera encore pire pour l'Angleterre en particulier. Si je voulais vivement communiquer quelque chose à une auditoire britannique, ce serait que nous sommes très concernés par ce point et que nous sommes extrêmement intéressés à participer à part entière et à faire tout ce qu'il faut pour maintenir le statu quo. (Applaudissements) Je n'ai que peu de chose à ajouter mais je vous remercie, monsieur, très sincèrement, ainsi que les autres gentilshommes présents, pour leurs bonnes paroles. Je les reçois non seulement en mon nom, mais au nom de tous mes amis du gouvernement du Canada et au nom de mes concitoyens au Canada, et je puis vous assurer qu�elles resteront gravées dans ma mémoire.

(Applaudissements forts et prolongés)


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Traduction de: Mackenzie, Alexander. Speeches of the Hon. Alexander Mackenzie during his recent visit to Scotland with his principal speeches in Canada since the session of 1875 : accompanied by portrait and sketch of his life and public services. Toronto : J. Campbell, 1876.


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