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PROJET D'UNE EXPOSITION UNIVERSELLE À MONTRÉAL ET MISE EN CANDIDATURE
Un projet d'exposition universelle, ça vient d'où? D'un éclair de génie? Parfois peut-être, mais le plus souvent c'est un travail de réflexion qui demande beaucoup de détermination. Dans le cas d'Expo 67, il semble que plusieurs personnes au cours des années 50 évoquent l'idée de tenir une exposition universelle à Montréal pour souligner le centenaire du Canada. Toutefois, c'est le 25 août 1958, lors de la journée du Canada à l'exposition universelle de Bruxelles, que cette idée est exprimée publiquement par le sénateur Mark Drouin. Dès lors, le maire Sarto Fournier est emballé et le conseil municipal de Montréal vote une résolution demandant au Comité exécutif de poursuivre les démarches pour que la ville obtienne la tenue de l'exposition.
Durant les deux années qui suivent, la ville de Montréal, avec l'appui du milieu d'affaires montréalais et du gouvernement du Québec, continue d'aller de l'avant pour convaincre le gouvernement canadien de lui accorder son appui. Le gouvernement du premier ministre John Diefenbaker officialise ce soutien en février 1960. Le palier fédéral fournira 20 millions de dollars et le gouvernement du Québec débloquera 15 millions, alors que la Ville de Montréal dépensera 5 millions.

Le gouvernement canadien présente la candidature de Montréal au Bureau international des expositions (BIE), à Paris, en mars 1960. Les candidats en lice sont le Canada, l'Autriche et l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). Composée entre autres de Robert Campbell-Smith, conseiller commercial de l'ambassade du Canada à Paris, de James A. Roberts, sous-ministre du Commerce du Canada, de Paul Beaulieu, ministre du Commerce au gouvernement du Québec, et du maire de Montréal, Sarto Fournier, la délégation canadienne est remplie d'espoir. Cependant, le vote est reporté au 5 mai suivant à la demande de l'URSS.
Une nouvelle délégation reprend la route pour Paris le 1er mai 1960, au moment où l'Autriche renonce à présenter la candidature de Vienne. Cette délégation est dirigée par William Hamilton, ministre des Postes, et comprend notamment Pierre Sévigny, ministre associé de la Défense nationale, le ministre Paul Beaulieu, le conseiller commercial Robert Campbell-Smith, ainsi que le maire Sarto Fournier. Après un vote serré, Moscou l'emporte au cinquième tour par seize voix contre quatorze. Pour les membres de la délégation canadienne, la déception est immense.
Deux ans plus tard, coup de théâtre ! Une seconde chance se manifeste pour Montréal lorsque la ville de Moscou se désiste en avril 1962. En mai de la même année, le BIE décide à l'unanimité de réserver l'exposition universelle pour le Canada et de n'accepter aucune autre candidature avant le 13 novembre, date à laquelle il doit se réunir. Jean Drapeau, élu maire de Montréal en octobre 1960, et le gouvernement libéral de Jean Lesage à Québec sont pour leur part très enthousiastes. Par la voix de son ministre Pierre Sévigny, le gouvernement Diefenbaker accorde de nouveau son soutien à la candidature de Montréal. Le 13 novembre 1962, la nouvelle délégation canadienne peut enfin se réjouir : Montréal obtient officiellement l'exposition universelle de 1967. |