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Photographie d’un homme,  marchant vers la caméra, sur un trottoir de bois couvert d’une véranda

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Des « quartiers chinois » ont surgi dans les villes partout au Canada

Photographie de quatre enfants portant le costume traditionnel chinois, debout devant une porte de magasin en brique

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Il était toujours agréable de voir des enfants dans le quartier chinois. Peu de familles chinoises vivaient au Canada jusqu’à la modification des lois sur l’immigration après la Deuxième Guerre mondiale.

Photographie d’un groupe de garçons et d’hommes dans un parc. Première rangée : des scouts assis en demi-cercle sur le gazon, certains avec un tambour; deuxième rangée : des hommes en vêtements blancs de gymnastique avec de grands drapeaux; troisième rangée : des hommes en complet, portant des canotiers en paille ou des chapeaux en tissus.

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Rassemblement de scouts à High Park, Toronto, en 1919. À mesure que grandit une génération de Canadiens chinois nés et élevés au Canada, on assiste à la création de plusieurs organismes parallèles. Bien qu’elles soient isolées à cause du racisme, les équipes de sport, les scouts et les concours de beauté des Canadiens chinois témoignent du désir des Chinois nés au Canada de mener la même vie que tous les autres Canadiens.

Photographie d’un autel très décoré,  avec de nombreux petits objets sur le dessus

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Une carartéristique de plusieurs quartiers chinois était la « Maison des esprits », c’est-à-dire une grande salle où se trouvaient des autels dédiés aux ancêtres et à certains dieux et où les immigrants pouvaient présenter leurs hommages.

Page couverture déchirée d’un journal; texte en chinois et en anglais.

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Les journaux de langue chinoise imprimés au Canada étaient une source importante d’information

Photographie de deux acteurs chinois en costumes de théâtre, sur scène, avec des musiciens assis sur les côtés de la scène.

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L’opéra traditionnel chinois constituait une forme populaire de divertissement dans les premières communautés chinoises au Canada. Cette photo de 1944 montre une représentation à Vancouver, C.-B.

Il n’y avait que des hommes

« Le dimanche après-midi était bien occupé dans le quartier chinois. Nous avions une demi-journée de congé. À l’époque, il fallait travailler six jours et demi par semaine. Vous pensiez que c’était comme maintenant? Cinq jours d’ouvrage et deux jours de congé? Tous les restaurants étaient pleins. La salle de théâtre était pleine pour l’opéra. À l’étage de la salle communautaire, les gens faisaient de la musique, ou jouaient aux échecs ou aux cartes. On n’était pas supposé jouer à l’argent, mais tout le monde le faisait quand même. Et partout, il n’y avait que des hommes. Pas de femme. Les femmes des commerçants, elles restaient à la maison, elles ne devaient pas se montrer dans les rues. C’était la tradition chinoise. » (Chuen Fong, cuisinier de restaurant, Victoria, Colombie-Britannique, interviewé en 1981 à l’âge de 76 ans.)

– Personnage fictif créé par l’auteur
Paul Yee

IL FAUT QUE TU CONNAISSES
LE CHINOIS

«  Mon père m’a envoyé en Chine pour étudier. Il disait : « Tu es chinois, il faut que tu saches lire le chinois, il faut que tu saches écrire le chinois ». Il y avait bien des écoles chinoises dans le quartier chinois, mais mon père estimait qu’elles n’étaient pas assez bonnes. Je suis donc parti vivre chez un oncle à Guangzhou, où j’ai fréquenté l’école pendant plusieurs années. J’ai aimé la Chine. Tout le monde me ressemblait. Mais apprendre le chinois est difficile, il faut tellement apprendre par cœur. Après quelques années, mon père a décidé que je pouvais revenir au Canada. » (Gordon Soo, importateur-exportateur, Calgary, interviewé en 1979 à l’âge de 82 ans.)

– Personnage fictif créé par l’auteur
Paul Yee

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ARCHIVÉE - Les premiers Canadiens d'origine chinoise
1858-1947

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L'histoire

Des communautés pour le Canada et la Chine

Dans cette section :

Les quartiers chinois à travers le Canada

À partir du début des années 1890, on vit se développer des quartiers chinois dans la plupart des grandes villes canadiennes. Ces quartiers représentaient des lieux sécuritaires pour les immigrants chinois; ils pouvaient y trouver toutes les marchandises qu'ils désiraient et y faire des rencontres sociales. Les gens qui auraient voulu les harceler seraient nettement moins enclins à se rendre dans un endroit où tellement de personnes d'origine chinoise, travaillant et vivant là, pouvaient répliquer et se défendre. Ces quartiers chinois se sont souvent établis dans les quartiers les plus anciens et les plus pauvres des villes, des secteurs moins attrayants pour les autres citoyens.

Quelques personnes visitaient régulièrement les quartiers chinois; il s'agissait des missionnaires chrétiens. Ils enseignaient l'anglais, prêchaient l'Évangile et tentaient de convertir les Chinois au christianisme. C'est auprès des Chinois nés au Canada qu'ils obtenaient le plus de succès.

Les quartiers chinois comportaient d'habitude de grandes salles communautaires, où se trouvaient des autels dédiés aux ancêtres ou à diverses divinités. Les immigrants s'y rendaient pour prier et présenter leurs respects.

Avant 1923, la majorité des personnes d'origine chinoise vivant au Canada était constituée d'hommes seuls, sans famille. Ils étaient célibataires, ou leur femme et leurs enfants étaient restés en Chine. Ces hommes expédiaient régulièrement de l'argent à leur famille et avaient le projet de retourner en Chine pour y finir leurs jours. Les plus fortunés réussissaient à faire venir leur famille au Canada, mais cela cessa en 1923 avec la fermeture complète de l'immigration chinoise.

Regards vers la Chine

À partir des années 1890, les quartiers chinois devinrent aussi un endroit où on pouvait avoir des nouvelles de la mère patrie, ce que les immigrants recherchaient avidement. La Chine voulait moderniser ses industries, ainsi que son système d'éducation, son armée et sa marine. L'ancienne monarchie devint une république. Tout cela constituait des nouvelles excitantes.

Les quartiers chinois fournissaient aussi aux immigrants toutes sortes de produits et services. Les commerces expédiaient, de la part des immigrants, de l'argent à leurs familles demeurées en Chine. Les épiceries offraient des produits d'alimentation familiers. Les immigrants pouvaient y trouver des barbiers, des restaurants, des herboristes. Dans les grandes villes, les quartiers chinois publiaient des journaux et organisaient des fêtes avec barbecues et gâteaux traditionnels. Même si plusieurs Chinois vivaient en dehors de ces quartiers, ceux-ci servaient de refuge, offrant des activités et des lieux de rencontre aux hommes qui vivaient isolés un peu partout au Canada.

Divers groupes d'entraide louaient des bureaux dans les quartiers chinois et offraient des lieux de rencontre aux hommes, où ils pouvaient discuter politique et jouer à des jeux de hasard. On y organisait des banquets à l'occasion du Nouvel An lunaire chinois, ou des visites aux cimetières le jour des Ancêtres. Ces groupes recueillaient aussi du financement pour le soutien de diverses causes en Chine, dont l'aide aux populations affectées par des sécheresses ou des inondations. Lors du bombardement japonais de Shanghai en 1932, et de l'invasion de la Chine par le Japon en 1937, les Chinois du Canada ramassèrent de l'argent pour contribuer à la défense de leur mère patrie.

Regards vers le Canada

Une organisation, appelée Chinese Benevolent Association, présente dans plusieurs quartiers chinois à travers le pays, agissait comme porte-parole des communautés. Après 1923, elle organisa tous les 1er juillet des marches de protestation ayant pour slogan « Journée d'humiliation », rappelant cette journée où la loi interdisant l'immigration chinoise fut mise en vigueur. Durant les années de la grande dépression, cette association réclama des gouvernements de l'aide financière pour les communautés chinoises.

Avant 1923, les quelques rares Chinois qui vivaient au Canada avec leur famille étaient pour les plupart des commerçants. En raison du coût élevé de la taxe d'entrée, il fallait débourser une somme importante pour faire venir des membres de sa famille. Ces familles de commerçants comprenaient des individus nés au Canada, parlant également l'anglais et le chinois. Ils jouaient dans des équipes de soccer, de hockey ou de basketball, et disputaient des matchs contre des équipes extérieures à la communauté chinoise. Quelques-uns avaient fréquenté l'université. Cependant, le racisme anti-chinois les empêchait de trouver un bon emploi au Canada.

Quand le parti communiste prit le pouvoir en Chine en 1949, plusieurs Canadiens chinois décidèrent de ne pas retourner en Chine. Ils entreprirent plutôt de faire venir leur famille ici. Grâce à la tolérance de plus en plus grande à leur égard, les familles canadiennes chinoises pouvaient envisager l'avenir avec confiance. Plus de 60 % des Canadiens chinois vivaient en Colombie-Britannique avant la Deuxième Guerre mondiale. Mais durant de très nombreuses années après la révocation de l'interdit sur l'immigration chinoise au Canada en 1947, la province ne reçut qu'un tiers des nouveaux immigrants. Cela voulait dire que les nouvelles familles chinoises s'installaient ailleurs au pays.

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Ce film d'une procession funéraire à Victoria, C.-B., a été tourné en 1918.
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Pour en savoir plus long sur les communautés au Canada et en Chine

  • L'ouvrage de Denise Chong, The Concubine's Children, est une remarquable histoire de famille. L'auteur propose une image saisissante de la vie en Chine et au Canada du début jusqu'au milieu du 20e siècle.
  • Dans le poème « Gold Mountain Dream », une récente immigrée chinoise médite sur le « rythme répétitif » qu'elle entend venir du passé dans le quartier chinois de Toronto (source : Maples and the Stream: A Narrative Poem de Lien Chao)
  • L'anthropologue Ban Seng Hoe explore, dans Beyond the Gold Mountain, comment les traditions culturelles chinoises ont été adaptées à la vie en terre canadienne.
  • Quant à l'ouvrage de David Chuenyan Lai, Chinatowns: Towns within Cities in Canada, il analyse les caractéristiques physiques et culturelles des quartiers chinois au Canada, de 1858 à 1988.