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Image de deux anneaux d'alliance en or ARCHIVÉE - Oui, je le veux. L'amour et le mariage au Canada du XIXe siècle

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Les difficultés

Trouver un soutien de famille

Illustration intitulée « Women's Work » (« Le travail des femmes »), CANADIAN ILLUSTRATED NEWS, 4 décembre 1875, vol. 12, no 23, p. 360. Document 1966.
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« Women's Work » (« Le travail des femmes »), Canadian Illustrated News, 4 décembre 1875, vol. 12, no 23, p. 360. Document 1966.

Qu'est-ce que les questions financières, pourrait-on se demander, avaient à voir avec l'amour? En fait, ces aspects étaient intimement liés.

En effet, à quelques exceptions près, les femmes, dans le Canada du 19e siècle, dépendaient financièrement de leur famille, et ensuite de leur mari. Les femmes célibataires pouvaient enseigner ou être domestiques, mais elles devaient quitter leur travail si elles se mariaient. Les femmes mariées pouvaient quant à elle s'occuper d'un magasin ou d'un petit commerce, ou encore se charger de travaux ménagers, comme la lessive par exemple. Quelques femmes héritaient d'une fortune, mais bien plus nombreuses étaient celles qui tentaient de joindre les deux bouts parce qu'elles n'avaient pu se marier ou que leur mari les avait délaissées.

 

Illustration intitulée « She Shall Marry Timm » [THE BEAUTIFUL PRISONER] (« Elle épousera Timm [LA BELLE PRISONNIÈRE]) », CANADIAN ILLUSTRATED NEWS, 4 décembre 1869, vol. 1, no 5, p. 74. Document 827.

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« She Shall Marry Timm » [The Beautiful Prisoner] (« Elle épousera Timm [La belle prisonnière]) », Canadian Illustrated News, 4 décembre 1869, vol. 1, no 5, p. 74. Document 827.

Illustration intitulée « Not the One She Expected » (« Pas celui qu'elle attendait »), CANADIAN ILLUSTRATED NEWS, 5 novembre 1881, vol. 24, no 19, p. 296. Document 306.
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« Not the One She Expected » (« Pas celui qu'elle attendait »), Canadian Illustrated News, 5 novembre 1881, vol. 24, no 19, p. 296. Document 306.

Au fil du siècle toutefois, les perspectives de travail des femmes se sont quelque peu améliorées. En Angleterre, Florence Nightingale a ouvert la voie afin que les soins infirmiers deviennent une véritable profession, permettant aux femmes célibataires d'être indépendantes. Les droits des femmes et leur éducation firent des progrès, même si leurs droits légaux accusèrent un important retard jusqu'au 20e siècle.

Voilà pourquoi choisir le bon mari ne se résumait pas à une simple question d'attirance. Une femme avait besoin d'un partenaire qui était travaillant et fiable, car elle dépendait entièrement de ce qu'il pouvait lui apporter. Deux des sœurs Strickland, Catharine Parr Traill et Susanna Moodie, se marièrent et vinrent s'installer au Canada avec leur mari. Comme la capacité des deux hommes de subvenir aux besoins de leur femme était loin d'être brillante, les deux soeurs souffrirent énormément de la pauvreté et des soucis financiers.

Illustration intitulée « He's Coming » (« Il arrive »), CANADIAN ILLUSTRATED NEWS, 14 mars 1874, vol. 9, no 11, p. 164. Document 1454.
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« He's Coming » (« Il arrive »), Canadian Illustrated News, 14 mars 1874, vol. 9, no 11, p. 164. Document 1454.

À l'époque, les parents examinaient minutieusement les prétendants de leurs filles pour évaluer non seulement leurs qualités morales, mais également leur aptitude à subvenir aux besoins de leurs filles. Amour et raisons financières étaient fréquemment en conflit. James Caldwell écrivit à William Lindsay au sujet des perspectives de sa fille, Mary Caldwell, et du fils de Lindsay : [traduction] « À son âge, et dans sa situation actuelle, prendre femme signifierait à coup sûr pauvreté et misère pour lui, pour elle, et pour leur progéniture! ». Mary le supplia de changer d'avis. Elle écrivit au jeune lieutenant Lindsay qu'elle avait appris à faire fonctionner un ménage avec un budget réduit, et qu'ils pourraient arriver avec sa paie. (Elle ne l'épousa pas finalement.) (Noël, p. 20-22, 289, n. 9)

George Stephen Jones, un jeune clerc de 19 ans de Québec, tomba follement amoureux de « la très aimable Lady Miss Tanswell », laquelle, au début, semblait éprouver une affection réciproque. Ils se rendaient visite et s'offraient des cadeaux. Son journal relate ses fréquentations qui, au commencement, se passaient bien (Jones, p. 31).

Mais les parents de la jeune Honorine Tanswell voulaient qu'elle marie un monsieur Gingras, homme plus âgé et déjà établi dans la vie. Même s'ils aimaient bien George, il était trop jeune encore et n'était pas en position de subvenir aux besoins d'une épouse. À la fin du journal de George, quelque six mois après le début de leur histoire d'amour, la situation semblait sans espoir. L'amour a néanmoins fini par triompher, et George épousa Honorine 10 mois plus tard (Ward, p. 7-14, 177).

Références

George Stephen Jones. 1845-1846. Documents textuels. Bibliothèque et Archives Canada. Numéro de référence archivistique : R3011-0-6-E; (MG24-I155, vol. 1).

Noël, Françoise. Family Life and Sociability in Upper and Lower Canada, 1780-1870: A View from Diaries and Family Correspondence, Montréal, McGill-Queen's University Press, 2003.

Ward, W. Peter. Courtship, Love and Marriage in Nineteenth-Century English Canada, Montréal, McGill-Queen's University Press, 1990.